nous recevons et transmettons

Cette réflexion nous est apparue importante parce que nous voyons plusieurs occasions qui se présentent autour de nous et qui invitent à ce que nous solidarisons d’une façon active et critique. Nous disons ici des choses qui ont déjà été dites et qui apparaissent évidente si on a un minimum de sens autocritique, mais nous croyons que le moment est opportun pour les répéter.

Il y a plusieurs occasions de solidariser avec des luttes qui demeurent malheureusement spécifiques, justement pour partager notre analyse globale de comment nous voyons la constante entre chacune de ces luttes spécifiques, c’est-à-dire, l’autorité et son système de domination.

Il est clair qu’en tant qu’anarchistes si nous attendons qu’une insurrection purement anarchiste se produise par elle-même pour que nous nous y joignons, nous risquons de faire que cela; attendre, amères et cyniques. La solidarité avec celles et ceux qui sont en lutte est importante à plusieurs égards, entre autre; l’effet formateur qui nous permet de se mettre à l’épreuve sur le terrain et de construire des relations qui rompent avec un sectarisme idéologique. Par contre, nous ne sommes pas pour autant en train de dire que nous devons nous perdre, que nous ne pouvons pas aussi lutter nous-mêmes ou créer des moments et des conditions de lutte qui puissent aussi être des occasions où nous créons l’espace qui invite à se rencontrer avec les autres et pas toujours seulement nous qui allons vers les autres. Nous n’oublions pas non plus l’importance de nous renforcer entre nous.

Plusieurs camarades voient, comme nous, dans la lutte étudiante, le plan nord, les mesures dites d’austérité et les expressions momentanées de refus des gens, des occasions d’intervenir d’une façon solidaire et critique, de partager notre perspective et notre pratique et d’intervenir pour ne pas laisser le terrain libre à la pure récupération gauchiste et réformiste du dégout que plusieurs ressentent envers l’état des choses et qui nous porte à vouloir les changer.

Il est plus que clair que si, par exemple, nous allons (nous risquer à) marcher dans des manifs comme celle de «Charest Dégage» du 12 mars 2011 (où une dizaine de camarades ont passé la fin de semaine en prison après qu’ils/elles se soient fait arrêter par la police avec la collaboration de syndicalistes), celle de novembre dernier contre la hausse des frais de scolarité ou bien récemment lors du blocage de la tour de la bourse, ce n’est surement pas parce que nous adhérons aux demandes spécifiques de la gauche qui organise s’est événements. Ce serait absurde et tout simplement ridicule que des anarchistes demandent que l’État soit meilleur. Alors qu’est-ce que nous allons foutre là? Nous voulons amener notre solidarité avec ceux et celles qui rejettent la vision des parasites du pouvoir tout en partageant avec eux et elles de toutes les façons possibles notre perspective et notre praxis. Ceci dit, aller simplement se planter dans une manif avec des drapeaux noirs et crier des slogans entre nous c’est vraiment limité comme effet sur les luttes.

Dans deux récents articles, «Les mouvements sociaux bloquent la tour de la bourse» publié par les camarades de l’UCL de Québec et «Manifestation simultanée à Jonquière contre la tarification et la privatisation des services publics» publié par les camarades de l’UCL de Saguenay on y remarquera l’absence totale d’une perspective anarchiste (il nous est important de préciser que notre but ici n’est pas de remettre en doute les intentions de nos camarades de l’UCL, mais plutôt d’émettre une critique et une sincère préoccupation). On y parle des faits saillants de la journée, des demandes de réforme des «mouvements sociaux», du fait qu’il y avait un drapeau noir parmi les drapeaux des syndicats et dans le texte sur Jonquière on y adopte même une posture de statut quo, en déclarant «espérons que cet effort de solidarité … pourra se poursuivre afin de défendre les droits et conditions de vie de la majorité de la population, des classes sociales travailleuses et moins nanties». Dans les deux articles nos camarades terminent instrumentalisé-e-s dans un simple exercice de retransmission de valeurs social-démocrates sous prétexte de solidarité.

En tant qu’anarchistes nous appuyons la prise d’action, dans ce cas, le blocage déterminé d’une cible claire de la domination du monde et nous appuyons celles et ceux qui n’acceptent pas les conditions imposées sur leurs vies, mais nous n’appuyons en aucun cas les demandes de réforme; nous voulons l’élimination totale de l’État et de l’Économie. Ne pas prendre de si belles occasions pour s’affirmer, dire sur quoi porte notre solidarité, se distancer des solutions proposées par la gauche, rappelant que pour les anarchistes la misère ne se réforme pas, c’est tout simplement laisser les réformistes parler à notre place et de défiler dans leurs cortèges tout en tenant un drapeau noir.

Nous voyons plusieurs camarades impatient-e-s de solidariser avec la grève étudiante et nous pouvons comprendre qu’elle peut paraître à certain-e-s comme une dynamique ou des occasions de solidarité, de rencontres et d’actions sont possibles, mais est-ce que ça veut dire que nous allons appuyer les demandes de réformes, d’améliorations de l’État, aussi radicales qu’elles soient? À ce titre nous profitons de l’occasion pour envoyer une chaleureuse accolade a nos camarades qui produisent et propagent toute cette inspirante propagande anarchiste qui est apparue récemment à propos de la grève. Voilà un exemple parmi d’autres de comment nous pouvons solidariser avec les «mouvements sociaux» sans oublier qui nous sommes.

Si nous faisons comme si nous appuyons ce que nous n’appuyons pas, les réformes par exemple, dans une sorte de peur de s’aliéner les gens «potentiellement révolutionnaires» en les exposant trop rapidement à notre «radicalité», c’est que nous ne croyons pas dans la force de notre propos et alors nous trompons les autres (et nous-mêmes) pour gonfler nos rangs de gens qui en fin de compte n’y croient pas vraiment, c’est une logique purement quantitative et c’est le terrain préféré du système, celui sur lequel est basé sa main-mise. Notre force ne réside pas dans le nombre mais dans notre complicité et notre détermination.

Pour la libération totale, pleine de complicité et de feu!!

des camarades


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